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2016-2017, la folle saison de l'AS Monaco

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Mercredi 17 mai 2017, 20h55. Après un crochet sur Stéphane Ruffier, Kylian Mbappé, 18 ans, ajuste le but stéphanois d'un plat du pied gauche. Du haut de son mètre soixante-dix-huit, le prodige permet à l'AS Monaco de lancer parfaitement sa soirée. Après dix-sept ans d'attente, le club de la Principauté triomphe enfin, en devançant Paris au bout d'une folle saison également marquée par une magnifique épopée jusqu'en demi-finale de la Ligue des Champions.

Kylian Mbappé, Radamel Falcao, Bernardo Silva, Fabinho, Kamil Glik, Timoué Bakayoko, Benjamin Mendy, Danijel Subasic, Joao Moutinho. Ces noms doivent sûrement vous faire écho, et vous rappelez des souvenirs pas si lointains que cela. Il y a trois ans, l’ASM remportait son huitième titre de champion de France, dix-sept ans après le dernier de 2000 grâce à cette génération inattendue. Un groupe bâti au lendemain d’une saison finie à la 3e place, 31 points derrière l’intouchable PSG. Difficile alors d’imaginer Monaco soulever le titre un an plus tard, au bout d’un parcours quasi-parfait. Un parcours démarré bien avant tout le monde, au mois de juillet lors du 3e préliminaire de qualification pour la Ligue des Champions 2016-2017. Au caractère, les Rouge et Blanc effacent le piège tendu par le Fenerbahçe, avant de tranquillement disposer de Villarreal lors des barrages quelques semaines plus tard.

Au bout de cette épreuve, les Monégasques donnent naissance à une équipe, qui balaie Paris à Louis II (3-1) grâce notamment à Moutinho et Fabinho. La victoire contre le quadruple champion de France en titre lance idéalement une saison pleine de promesses. “Nous avons été meilleurs”, raconte Leonardo Jardim, l’entraîneur monégasque. “L'attitude des joueurs a été déterminante. Nous avons battu une grande équipe, championne l'année dernière. Nous sommes très contents d'avoir gagné car nous le méritons sur l'ensemble de la rencontre.” Très régulière, l’ASM se maintient en deuxième position derrière Nice jusqu’à la trêve hivernale. En C1, le club de la Principauté réalise un grand coup en s’imposant à Tottenham (1-2), avant de s’adjuger la première place de son groupe devant le Bayer Leverkusen.

La sensation Mbappé

Si cette saison est celle de tout un collectif, elle est également le point de départ d’un génie, âgé à l’époque de 17 ans. En octobre, Kylian Mbappé marque de la tête contre Montpellier lors d’une démonstration 6-2. Le premier des quinze buts inscrits par le prodige. “En jouant avec de tels coéquipiers, le football est tout de suite plus simple”, assure le gamin. “Ce sont des joueurs qui voient avant, avec une qualité technique au-dessus de la moyenne."

Sur le banc de touche durant la première partie de saison, le natif de Bondy explose véritablement en 2017, un soir de Ligue des Champions à Manchester City. En huitièmes de finale, les Rouge et Blanc s’appuient sur le doublé de Radamel Falcao, et la demi-volée magnifique de Kylian Mbappé pour prendre les devants dans ce choc. Mais, malheureusement, l’ASM craque complètement durant les vingt dernières minutes, et s’incline 5-3.

Au retour, le club de la Principauté ne perd pas espoir, et réalise l’exploit de renverser la formation de Pep Guardiola grâce notamment à Kylian Mbappé, suivi par Fabinho et Bakayoko (3-1). Qualifié pour les quarts de finale, l’ASM fait face à Dortmund. En Allemagne, au lendemain d’une traumatisante attaque sur le bus du BVB, Mbappé s’offre un doublé pour permettre à Monaco de l’emporter 3-2. Une semaine plus tard, sur le Rocher, le prodige s’illustre une nouvelle fois, avant que Falcao et Germain n'enflamment le stade Louis II (3-1). La qualification en poche, l’ASM peut commencer à rêver à l’inimaginable.

Mais en demi-finale, la Juventus glace rapidement les espoirs des hommes de Jardim. Foudroyés par un doublé de Gonzalo Higuain à l’aller (0-2), les Rouge et Blanc s’inclinent au retour sur le score de 2 buts à 1. Malgré le sixième but en Ligue des Champions de Mbappé, Monaco achève son impressionnant parcours dans le dernier carré, battu par plus fort que lui.

Saison princière

En parallèle de son incroyable épopée européenne, l’ASM réalise un championnat éblouissant. A partir du mois de janvier, le Rocher ne quitte plus le trône de leader, et reste invincible. Dix-sept victoires et deux nuls, dont un arraché à Paris (1-1). Grâce à une frappe de Bernardo Silva, Monaco décroche peut-être son point le plus précieux au Parc des Princes dans le temps additionnel. “On prend un point très important ce qui nous permet de garder Paris à distance", indique l'heureux buteur. "Il fallait jouer en équipe, rester concentré et être organisé. Nous sommes très heureux d'avoir marqué tard dans le match pour arracher le nul.”

Performant dans les grands comme les petits matchs, les Rouge et Blanc ne perdent pas pied et triomphent finalement avec 95 points, huit unités devant le PSG. “On a fait une saison magnifique, avec beaucoup de jeu, beaucoup de buts, on a pris du plaisir”, raconte Djibril Sidibé. “On sent vraiment une bande de copains qui s'amuse sur le terrain. Aujourd'hui on est récompensé et c'est une grande fierté pour nous." Dix-sept ans après leur dernier sacre en 2000, les Monégasques sont sacrés, au terme d’une saison dingue. Avec 107 buts inscrits, les hommes de Leonardo Jardim font preuve d’une force de frappe inédite.

La fête est magnifique sur le Rocher, mais ne dure pas pourtant aussi longtemps que prévue. A l'été 2017, Benjamin Mendy, Bernardo Silva, Nabil Dirar, Timoué Bakayoko et surtout Kylian Mbappé quittent le navire. Amputé par ses pertes, Monaco comprend vite la saison suivante que le titre lui sera impossible à conquérir, mais parvient à terminer 2e derrière Paris. Une saison plus tard, en 2019, l'ASM frôle la relégation, au bout d'une année cauchemardesque, mais se sauve à la 17e place. Cette saison, les Rouge et Blanc n'ont pu qu'assurer une 9e position, loin des places européennes. En Ligue des Champions, Monaco se ridiculise et est éliminé deux années de suite en phase de poule. Déjà trois ans que l’ASM s’est hissée au sommet de la Ligue 1, et la gueule de bois est toujours aussi compliquée à assumer.